Keagan Girdlestone la nouvelle terreur de l’Ouest

Tout juste 18 ans et pourtant déjà presque tout d’un grand. Né à Pretoria, en Afrique du Sud, Keagan Girdlestone vit à Christchurch, en Nouvelle-Zélande. Aux antipodes de là où il s’est révélé au grand public. Vainqueur du Tour du Valromey, du prix de la Saint-Laurent de Montpinchon et de la Ronde des Vallées. Trois succès d’envergure acquis sous le maillot de l’UC Nantes. Portrait d’un springbok qui s’épanouit en France.

Keagan_Girdlestone_UCNantes_Afrique_du_SudQuand vous arrivez sur le site internet de Keagan Girdlestone, vous y trouverez cette citation : «Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends !» Ça vous montre la mentalité de battant du petit gars. 1m86 sous la toise. 64kgs sur la balance. En 2015, il termine deuxième du Championnat d’Océanie du contre-la-montre et quatrième de la course en ligne. «Une bonne opportunité de se confronter aux Australiens, habitués à venir courir en Europe» rapporte le Sud-Africain, engagé sur cette compétition continentale à titre individuel. Car le parcours de Girdlestone est particulier. Cycliste de père en fils – son grand frère, Dylan, est professionnel dans l’équipe Drapac et dispute actuellement le Tour du Colorado – Keagan commence très jeune. Puis, en 2012, après son premier titre national, lui et ses parents déménagent en Nouvelle-Zélande. À plus de 20 heures d’avion de chez lui. «Nous sommes partis pour trouver un environnement plus sûr. La sécurité des cyclistes en Afrique du Sud, ce n’est pas vraiment ça. Surtout pour les jeunes !» Là où le rugby est roi, où les Springboks sont des idoles, les cyclistes n’ont pas la même place dans le coeur des «Sud-Af».

Soutenu par un père coach et une mère agent immobilier, Keagan s’épanouit sur son île de l’Océan Pacifique. Mais ses rêves cyclistes l’amènent à changer d’air. À voyager pour se montrer. «L’objectif était d’aller au Championnat du Monde, à Richmond, aux Etats-Unis.» nous explique le jeune coureur de 18 ans. «Pour aller au mondial, je devais montrer que j’avais le niveau et faire de bons résultats en Europe.» Au Tour du Valromey (2.1), il remporte la première étape. Son premier contact avec le cyclisme français. «J’avais à coeur de bien faire. Personne ne me connaissait et j’ai joué de l’effet de surprise.» raconte Keagan, qui s’adjugera le classement général après avoir perdu son maillot jaune, au lendemain de sa prise de pouvoir.

Une fois le Valromey terminé, le Springbok nantais s’envole pour l’Italie. Il partage durant une semaine un camp d’entrainement avec certains coureurs du Team Sky, rien que ça. Quelques nombreuses heures de selle au compteur, des mètres et des mètres de dénivelé avalés – dont le célèbre Colle Delle Finestre – Keagan rejoint son frère à Girone, en Espagne. À son retour dans l’Ouest de la France, il termine 2e d’une étape de la Ronde Finistérienne (Épreuve toutes catégories) où seul Jérémy Bescond, un ancien professionnel de retour à son meilleur niveau, peut le vaincre. «Je ne savais pas qui il était. Je ne savais pas que j’affrontais d’anciens professionnels.» Au moins, comme ça, pas de complexes ! Pas de complexes non plus à Montpinchon, l’une des plus belles épreuves Juniors de France. Échappé avec Fabien Rondeau, son équipier de l’UC Nantes, Girdlestone finira seul. Loin devant les autres. «Vous savez, une fois que l’on gagne une belle course, on veut retrouver cette sensation de la victoire.» Une sorte de cercle vertueux qui n’a pas l’air de s’arrêter. Ronde des Vallées (2.1), une nouvelle course par étape internationale. Vainqueur de la première étape, l’ogre sud-africain termine deuxième du contre-la-montre et conserve sa tunique de leader lors de la dernière étape. N’en déplaise à ses adversaires, Keagan Girdlestone se sent bien en France. «C’est un rêve de courir en France. C’est le pays du Tour de France ! À chaque course ici, j’apprends quelque chose. C’est intéressant.» Le Tour de France, son rêve de gosse.

Keagan_Girdlestone_UCNantes_Afrique_du_SudÀ 18 ans, Keagan Girdlestone a certes un nom assez compliqué mais il faudra bien le retenir. Contacté par certaines formations, l’UC Nantes compte bien tout faire pour le garder dans son équipe de DN1 pour la saison prochaine. «J’ai reçu plusieurs offres mais je n’ai pas encore pris de décisions. Je prends mon temps pour réfléchir et choisir le projet qui me fera le plus progresser.» S’il progresse encore et encore, ce rouleur-grimpeur de talent risque de très vite filer. Et pourquoi pas vers MTN-Qhubeka, la première équipe africaine à avoir disputé le Tour de France. «Je me souviens de la création de l’équipe. J’étais un tout jeune coureur. Ce serait fantastique de courir pour eux. Ils ont de très bons coureurs qui pourraient énormément m’apprendre, une bonne mentalité et défendent une noble cause.» Quelque soit l’équipe, seul son rêve de professionnalisme l’anime. D’ici-là, le Sud-Africain de Nantes continue d’impressionner. Fin septembre à Richmond (USA), il pourrait crever l’écran. Et il ne l’aura pas volé !

Par Josselin Riou
@Josselin_Riou

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