On a lu, et adoré, Diab un ami pour la vie
 de Quentin Valognes

Depuis quelques années déjà, le Team Novo Nordisk parcourt le monde au sein du peloton cycliste professionnel. Comme n’importe quelle autre équipe. Enfin presque. Car dans son effectif, la formation américaine ne compte que des coureurs diabétiques de Type 1. Parmi eux, un jeune français de 20 ans y est stagiaire depuis le 1er août : Quentin Valognes. Début octobre, le solide normand – 1m75 pour 80 kg – publie un livre. Son parcours, ses rêves, ses espoirs. Tout ça malgré, ou plutôt grâce à la maladie. On a donc lu Diab, un ami pour la vie (Editions Corlet). Et on a adoré.


Écrire une autobiographie à 20 ans, il faut oser. Il faut avoir des choses à dire et ne pas avoir la vie de monsieur tout le monde. Il faut au moins avoir vécu tout ce que Quentin Valognes a enduré depuis ses six ans. Là où tout a basculé pour le Normand, originaire de Basse-Normandie, qui a migré vers le Nord-Cotentin tout près de… Valognes. Comme par hasard. À cet âge là, l’aîné d’une fratrie dingue de cyclisme est diagnostiqué diabétique. Pas le genre de nouvelle que l’on apprend facilement, surtout si jeune. Quentin va s’aider de la maladie. Le diabète est un poids dont on ne se sépare jamais totalement. Le diabète est là, présent, chaque jour, à chaque instant du quotidien. Impossible de se passer de lui. Tellement présent que le rouquin va lui donner un nom. Ce sera Diab. Tout au long du livre, Quentin personnifie la maladie. Diab devient un vrai personnage, avec ses humeurs, ses envies, ses coups de mou. Et on ne peut pas dire que Diab soit toujours très gentil avec celui qui, comme tous les enfants de son âge, pense plus à s’amuser qu’à prendre soin d’un ami, dont il se serait bien passé, et que personne ne voit.

En dépit de sa maladie, Quentin Valognes monte sur un vélo. Vite et bien même. Il fait partie des bons minimes – cadets de la région. Il se retrouve régulièrement en sélection départementale ou régionale, lui le cousin de Kevin Lesellier, ancien champion de France de poursuite individuelle. Comme Kévin, il s’essayera à la piste, où il parviendra à tirer son épingle du jeu dans les épreuves de vitesse. Sa chevelure rousse ne passe pas inaperçue dans les pelotons. Bon camarade, Quentin a des ambitions. Mais pour continuer de progresser, le Manchois doit investir dans un nouveau matériel médical, très couteux et pas remboursé. Loin d’être effrayé par un refus, il envoie e-mail après e-mail. Par dizaines voire centaines. Jusqu’à ce quelqu’un daigne lui répondre, lui tendre une main qu’il saurait accrocher. France Bleu Cotentin lui consacre un reportage à la radio. Son appel est entendu. Les soutiens afflux. Quentin Valognes c’est ça. De l’audace, un tempérament, du caractère. Un fort caractère façonné par le diabète. Construit par les obstacles de la vie.

Dans son livre, le fils de Didier Valognes, speaker d’épreuves cyclistes, et de Caroline, photographe reconnue au-delà de la simple normandie, raconte comment il est arrivé aux portes du cyclisme professionnel. Lui qui rêve, un jour, de participer au Tour de France, la plus belle épreuve du monde. Message d’espoir, de persévérance et de ténacité. Car rien n’arrête le rêve d’un enfant. Pas même la maladie. L’ouvrage ne s’adresse pas qu’aux diabétiques ou aux cyclistes. Non, le message que Quentin veut faire passer touche tout le monde. Les rêves sont faits pour être accomplis et pas seulement rêvés.

 

À noter :

  • Tout bon livre qui se respecte débute par une bonne préface et c’est le cas. Dès le départ, vous êtes dans la bonne roue. Celle de Nicolas Geay, grand reporter au service des sports de France Télévision. Nicolas, vous connaissez surtout sa voix. Il rythme vos après-midi de juillet à coup de «crevaison Thierry !» et plus récemment, s’est émerveillé en commentant le titre européen de Corentin Ermenault sur la poursuite individuelle. Commentateur, reporter, mais avant tout cycliste et … diabétique. Pas mal de points communs avec Quentin. Nicolas Geay c’est quelques tours de la France au compteur, car on vous rappelle que le Tour de France c’est avant tout le Tour de la France, mais c’est aussi un Embrunman et des dizaines de triathlon bouclés. L’Embrunman, probablement l’un des plus exigeants, avec l’Izoard à gravir sur la partie vélo. Et malgré la maladie, Nicolas Geay est allé au bout. Discret sur son diabète, le journaliste de France TV rédige là une préface pleine d’empathie qui introduit parfaitement le livre.
  • Mais il n’est pas le seul. Phil Southerland, grand patron du Team Novo Nordisk y va aussi de son petit-mot. Quentin Valognes appelle ça l’avant-propos. Et le Normand y tenait. Car Phil Southerland l’a repéré lors d’un stage de détection des talents et lui a ouvert les portes de son équipe. Phil Southerland est, à l’image de Quentin, ambitieux et déterminé. Il voit grand pour son équipe Novo Nordisk et tous les deux veulent faire passer un message à travers le monde : qu’être cycliste professionnel et diabétique n’est pas incompatible.
  • Pour se procurer le livre, rendez-vous sur quentinvalognes.com ou dans l’Espace Culturel du Leclerc de Flers (61), seulement magasin revendeur pour le moment. Prix (sans frais de port) : 12eu90.

Par Josselin Riou
@josselin_riou

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