Boucles du Canton de Trélon : Corentin Ermenault dompte le temps

montage

Ces 17 et 18 mai, Trélon et son canton accueillaient les juniors de toute la France, venus disputer la deuxième manche du Challenge National de cyclisme sur route. Un week-end durant le soleil chaud du nord aura longtemps brillé. Corentin Ermenault et Adrien Carpentier, eux aussi, ont brillé. La Gazette des Sports revient sur ces Boucles Cyclistes du Canton de Trélon.

C’est au terme de 956 kilomètres de voitures que nous arrivons sur place. Plus de dix heures de voyage. A Anor, quelques coureurs reconnaissent le parcours du contre-la-montre. La Normandie. Les Pays de la Loire ou le Languedoc-Roussillon sont de ceux-là. Au soir, une bonne partie des comités régionaux se retrouvent dans un centre de vacances, au Val Joly. Dans un cadre superbe, au bord d’un lac. Ambiance et bonne humeur à la veille de l’une des épreuves les plus importantes de la saison.

Samedi 17 mai – Anor : Le soleil prend place dans le ciel bleu du Nord. Les coureurs se dirigent vers le départ du contre-la-montre. Quant un accident survient. Cyril Barthe (Aquitaine) reconnait une ultime fois le parcours de l’épreuve chronométrée. Comme de nombreux autres concurrents. Lorsqu’il est percuté par un automobiliste. La scène laisse les quelques coureurs présents sur place bouche bée devant l’accident. L’Aquitain est indemne. Mais sa bicyclette ne repartira pas. En vrac, le CKT se transforme en CKC. Plus loin, Corentin Ermenault (Picardie) et ses équipiers empruntent également le parcours. Le grandissime favori arbore quelques bandages, témoins d’une chute, la veille à l’entraînement.

Et malgré ses bandages, rien n’arrêtera la machine Ermenault. Lancé à toute allure, rares sont ceux qui peuvent rouler plus vite que le Picard du CC Nogent Sur Oise. Élance parmi les derniers, il ne laisse pas de chance à Jérémy Defaye, bon deuxième à deux secondes. Ni au surprenant mais néanmoins attendu Louis Louvet. Le Bourguignon, troisième, se console en prenant la tête du classement des Juniors 1ère année. Les Lorrains Yan Gras et Rayane Bouhanni, respectivement quatrième et cinquième de l’épreuve chronométrée, se font remarquer. Valentin Madouas, neuvième, reste en embuscade. Les 13,6 kilomètres, jonchés de virage, de relance et d’ascensions aussi courtes que pentues, ont opéré une certaine sélection. Juste ce qu’il faut pour assurer une bagarre le lendemain…

moncassinetmoi

Dimanche 18 mai – Glageon : Toujours autant de soleil. Toujours autant de bonne humeur au sein du peloton. Au petit-déjeuner, Rémy Rochas est célébré dans la salle commune. Le Rhônalpin fête la majorité. Une petite chanson pour immortaliser le moment ! A 12h, sur le parking des équipes, Maxence Moncassin (Midi-Pyrénées) pose en compagnie d’un jeune fan. Plus loin, Rayane Bouhanni (Lorraine) s’attarde à un concours de surplace. Il est l’heure de la présentation des équipes. Jean Gillet, le speaker breton, s’attarde sur les 149 coureurs au départ. Palmarès et anecdotes pour chacun d’entres eux. «Rémy Rochas le coureur de Rhône-Alpes fête ses 18 ans aujourd’hui. Lui qui porte le dossard 18 !» Annonce-t-il au petit parterre de spectateurs et de photographes présent sur le parvis de mairie.

L’étape du contrôle braquet tarde. «Reculez messieurs !» s’égosille un commissaire. Peine perdue. Tout le monde se bat avant le départ pour être le premier sur la ligne. «Oh vous êtes pires que des minimes les gars.» Ajoute l’officiel. Idéal pour nous énerver le peloton de juniors prêts pour la guerre. Une fois sur la ligne, certains se tendent. D’autres discutent, s’arrosent ou se soulagent au pied d’un arbre. Mais lorsque le décompte commence, tout le monde enclenche. Prêt à remonter le peloton à tout prix. Les trottoirs voient passer les roues. Les commissaires menacent. La course ne se trouve encore que dans le fictif mais tout le monde espère déjà être à l’avant.

bcct

Km 0 – FEU ! A droite. A gauche. Cinq hommes s’en vont dès le départ. Jules Roueil ou Andréa Costa sont de la partie. Josselin Riou aussi. L’échappée ne fera pas long feu. Mais les attaques fusent. Un début de course traditionnel où tout le monde veut être de l’échappée. Celle qui pourrait devenir la «bonne». Une quinzaine de jeunes se font la malle. Tournent et se relayent. Le rythme se ralentit. Dans le peloton, personne ne bronche. Le coup ne fait pas peur. L’écart oscille entre les 40 et les 50 secondes. Il ne dépassera qu’une seule fois la minute. Moment où l’équipe de Picardie se met à accélérer.

Sous les ordres du leader Ermenault, les Picards prennent les commandes du peloton. Histoire de réduire puis maintenir l’écart. Stratégie payante. Parfois certains comités viennent prêter main forte aux Barbier et autre Richard. C’est le cas de la Normandie ou du Nord-Pas-de-Calais en fin d’étape. Malgré les efforts combinés des hommes de tête, tout rentrera dans l’ordre à quinze kilomètres du final. Entre temps, Antoine Petit (Franche-Comté) s’est envolé dans les cailloux du bas-côté. Rémy Rochas s’est risqué à une blague sur les chaussures à lacets… «Eh fais gaffe, tes lacets sont défaits». Mais Léo Danes veut l’emporter. Le Breton s’en va seul. Résiste. Ne se retourne pas. Y croit. Mais le coup de force du finistérien sera vain. Lui aussi. Repris sous la flamme rouge. Avalé par un peloton lancé à 70 km/h dans la dernière descente.

Tout le monde veut se replacer. Comme au départ mais puissance 1000. Bouhanni impose sa carrure et donne de la voix. Devant lui, la voix s’ouvre. Derrière lui, tout le monde se bat pour prendre la roue. Adrien Carpentier (Nord-Pas-de-Calais) se cale dans la roue. Les coups de patins sont nombreux. Les cris aussi. Les frayeurs davantage. Certains ont le trouillomètre à zéro. D’autres sont remontés comme des pendules. Prêts à faire feu dans l’ultime ligne droite. A la quête du succès. Dernier virage. «ÇA PASSE !» tentent de se convaincre un coureur. Pas de chutes. La relance se révèle terrible. Les jambes piquent. Le faux-plat d’arrivée passe tout seul. Carpentier déboîte de la roue de Bouhanni à cent mètres de la ligne pour s’imposer. Personne. Pas même le vent défavorable ne pourra arrêter le coureur du coin. Le local de l’étape. Du fin fond du peloton, seuls les bras de charpentier de Carpentier sont visibles. Une belle image. Celle d’un pistard. D’un sprinteur. Plus fort que la peur. Animé par la pression et l’adrénaline d’un sprint massif.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Après la ligne, Carpentier n’en revient pas. Il concrétise un rêve. Une attente de ses dirigeants et de ses équipiers. Tous les Nordistes lui tombent dans les bras. Les journalistes l’assaillent. Le protocole se met en place. Corentin Ermenault, neuvième de l’étape, conserve son maillot jaune de leader. Valentin Madouas, huitième, garde quant à lui la tête du Challenge National. Le 7 juin, la Classique des Alpes sera le juge de paix d’une saison alléchante chez les juniors. Aurélien Paret-Peintre, tenant du titre dans les Alpes, sera le favori numéro 1. La Gazette des Sports y sera !

Par Josselin Riou
@Josselin_Riou

Merci à Gwendolène Sbaai pour ses photos. Plus de photos sur Facebook.

Une réflexion sur “Boucles du Canton de Trélon : Corentin Ermenault dompte le temps

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s