Cyclisme chinois

     En Chine, on vit le vélo différemment, parfois avec démesure.

Le cyclisme chinois vu par Sébastien Vergnes.

Expatrié en Chine depuis maintenant plus d’un an, Sébastien Vergnes, cycliste amateur de 31 ans, originaire du Lot, a accepté de raconter à La Gazette Des Sports comment la nouvelle puissance mondiale vit le vélo. Un témoignage qui vous permettra de découvrir comment, à l’autre bout du monde, des coureurs de niveau 3ème catégorie sont équipés comme des pros. Reportage à quelques jours du début du Tour de Pékin, dernière épreuve du WorldTour, qui marque bien l’engouement naissant des chinois pour le cyclisme.

Octobre 2011 – Banlieue parisienne

Il fait gris sur Paris. Sébastien Vergnes enfourche son vélo pour une petite sortie d’entraînement. Dans quelques heures, ce président de club s’envolera pour changer de vie. Direction la Chine. Sa pollution, son temps quasi estival à l’année et ses villes sur-dimensionnées  Aéroport Roissy-Charles De Gaulle. Le vol pour Beijing est prêt à décoller, Sébastien Vergnes à bord. Notre expérimenté cycliste va découvrir un nouveau mode de vie et une nouvelle façon de pratiquer le cyclisme, à la chinoise.

Sponsors, organisations de professionnelles. Rien n’est laissé au hasard en Chine.

Octobre 2011 – Kinshuan, Jiangsu, Chine.

Bien arrivé, Sébastien s’installe paisiblement dans sa nouvelle vie chinoise et même à l’autre bout du monde, notre cycliste pratiquant depuis 17 ans ne délaisse pas sa passion. De ce fait, il prend la direction d’un traditionnel marchand de cycles chinois. Traditionnel, ou presque, car là-bas, en Chine, un marchand de cycle, c’est un « Giant Shop », un « Trek Store » ou un magasin de la marque Spécialized. Une banalité puisque la plupart des magasins de vélo chinois sont ainsi des boutiques de grandes marques de cycles.

En flânant quelque peu, l’ami Vergnes découvre que Specialized VTT China organise régulièrement des « trips » à VTT dans les campagnes chinoises. Pour cela, l’inscription oscille entre 45euros et 110euros. A ce prix-là, les chinois font les choses bien. Une randonnée d’une ou deux journées avec repas et transports compris. Attiré par ce genre d’épreuve, Sébastien devrait tenter l’aventure dans les mois à venir pour partager une ambiance chaleureuse, que l’on retrouve davantage en France sur certaines cyclosportives.

Octobre 2011 – Shanghai : Découverte du cyclisme chinois.

Alors que l’accès à internet est des plus compliqué en Chine, Sébastien parvient à dénicher le site internet où les courses sont répertoriées, tel le site de la Fédération Française de Cyclisme. « J’ai eu l’opportunité d’assister à la finale de la Shanghai League 2011. Quelle ne fût pas ma surprise en découvrant le niveau et l’organisation des épreuves chinoises. » relate l’intéressé à La Gazette Des Sports. En effet, la voiture d’ouverture de course n’est autre qu’une voiture de police. Une ligne d’arrivée géante se dresse devant les coureurs. Les grands noms du sponsoring cycliste tels que Trek ou Shimano élèvent des chapiteaux. Le coureur leader de la Shanghai League arbore un maillot distinctif, floqué aux couleurs de son équipe. Et si je vous dis que tout cela correspond à une course de niveau 2ème ou 3ème catégorie ? Impensable en France, traditionnel en Chine. La folie des grandeurs.

«  Les chinois ont la clope au bec à l’échauffement. »

Le cyclisme est devenu au fil du temps, un sport de riche et ce partout dans le monde. Si en France, le cyclisme de compétition reste ouvert à toutes les conditions sociales, en Chine, il en est tout autre. En effet, ce sport reste réservé à une certaine classe sociale qui est en mesure de s’offrir du matériel de pointe, très répandu dans les pelotons chinois. Sur le bord des routes, les photographes disposent de matériels de professionnels à faire pâlir les nombreux (et nombreuses) photographes françaises. Au-delà du matériel des coureurs et des photographes, c’est le comportement des coureurs qui aura étonné Sébastien. « Les coureurs se permettent de fumer la cigarette à l’échauffement et après la course et même les plus jeunes ! rapporte le français. Une indiscipline qui contraste du matériel ultrasophistiqué utilisé par les chinois. Lightweight, Campagnolo Bora, vélos hauts de gamme. Les chinois ne se refusent rien malgré le prix élevé de la marchandise.

Décembre 2011 – Shanghai, Chine : Premiers tours de roues.

En Chine, les pistes cyclables sont aménagées, c’est le moins qu’on puisse dire !

Réception des vélos à la veille de Noël et c’est parti pour de nombreuses heures d’entraînement, seul au milieu des routes. Quand en France on privilégie les routes départementales aux nationales pour profiter du calme de la route, en Chine, il n’y a d’autres choix que de rouler sur des … 3 voies dont la fréquentation est semblable à une autoroute au milieu du désert. Malgré l’importante population, il est possible de rouler en sécurité dans les villes chinoises, qui ont su s’aménager pour établir des pistes cyclables permettant aux cyclistes d’évoluer en sécurité. Sébastien réside dans une « petite » ville de campagne où l’on recense 2 MILLIONS d’habitants et où les vélos sont nombreux mais bien souvent électriques. Les chinois préfèrent le scooter au vélo et cela permet régulièrement à notre nouveau chinois de faire du derrière-scooter, activité très apprécié par les locaux qui s’avèrent être curieux en apercevant Sébastien Vergnes sillonné les routes sur sa bicyclette.

Avril 2012 – Chine : Première course.

Certains français ont déjà deux mois de courses dans les jambes mais en Chine, la saison commence tout juste. Sébastien décide de prendre part à une course VTT, discipline qu’il n’avait jamais pratiquée. Une organisation royale, sur un circuit entièrement fermé où le public était plus nombreux que le nombre de coureurs ! Pour participer, pas besoin de faire partie d’un club, pas besoin de licence de certificat médical, uniquement besoin de passeport et de régler les frais d’inscription d’environ 6euros. Finalement 10ème de cette épreuve tout terrain, Sébastien s’impressionnait du niveau des chinois. « Ils étaient vraiment très rapides, très secs et très affutés. Ils disposent d’une giclette incroyable ! » analyse l’intéressé après la course.

Ici, tout y est. Miss, maillot jaune et champagne !

« On ne m’a parlé que de chiffres, jamais d’esprit d’équipe ou de collectif. »

Suite à cette première épreuve, Sébastien avait l’envie légitime de rejoindre une équipe pour participer à diverses épreuves sur route. Une fois la prise de contact effectuée avec le dirigeant d’une équipe, Sébastien Vergnes a subi une série de test pour définir ses caractéristiques et ainsi lui faire intégrer l’une ou l’autre des deux catégories existant en Chine : Elite ou Advanced. « Pendant tout ce rendez-vous, nous n’avons fait que de parler de chiffres, jamais d’esprit d’équipe ou de collectif. Il m’a proposé d’intégrer la seconde catégorie. J’étais vexé, mais il avait peut-être raison. Il me faudrait payer cuissard et maillot, car seule l’équipe élite était sponsorisée… » rapporte Sébastien Vergnes.

Première course sur route : « Assez impressionné. »

Ici, tout impressionne. Du matériel à la foule en passant par la distance des courses, seulement 40 kilomètres ! Une véritable course de cadet. Sébastien souhaite montrer à son dirigeant qu’il a le niveau. Il s’impose en solitaire, maillot jaune de leader à la clé. Sur le podium, il reçoit de nombreux lots ainsi qu’une bouteille de champagne pour arroser la foule et les hôtesses, comme en F1 ! Là-bas, Sébastien a l’impression de participer à des courses de professionnels à chaque reprise. Alors lorsqu’il participe à une épreuve par étapes sur 5 jours, ses yeux s’ouvrent à outrance pour admirer le gigantisme des choses. La présentation des équipes se fait dans un stade sous les caméras de la télévision chinoise. La police barricade chaque mètre carré des étapes et la foule se réunit pour acclamer les champions du jour. Pour accompagner le peloton, des traditionnelles voitures suiveuses, mais également des motos « rafraichissement » semblables aux motos Vittel du Tour De France. Sébastien n’en revient toujours pas. Il court à l’avant sur chaque étape. Son compteur affiche quotidiennement plus de 46 de moyenne. « C’est sans aucun doute mon plus beau souvenir ! » indique Sébastien, impressionné.

Chinois depuis un an, Sébastien n’a pas perdu sa passion du cyclisme. S’il doit parcourir plusieurs centaines de kilomètre pour pouvoir assouvir sa passion, cela ne dérange pas notre champion chinois. Les courses se font beaucoup plus rares qu’en France mais les peux de courses rencontrent un franc succès qui ne cesse d’impressionner l’amateur de cyclisme que l’on est.

Josselin Riou – avec le témoignage de Sébastien Vergnes (@Sebastien1981)

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