Nicolas Roux : «Il faut se donner les moyens de faire ce que l’on veut»

montage roux
Nicolas Roux, le roi de la cyclosportive s’est lancé un défi fou. Faire le tour du Mont-Blanc, en solitaire et à bicyclette. Avec le soutien de Mavic, le chroniqueur de La Gazette des Sports a couvert 334 kilomètres en 12 heures et 13 minutes. Le record, établit en groupe, reste de 11h50. Pour vous, Nicolas Roux revient sur sa préparation, ses douze heures de vélo, ses doutes, ses forces et ses faiblesses. C’est dans Roux Libre – La chronique.

«Sur ce Tour du Mont-Blanc, j’étais seul. Les précédents records ont été établis en groupe. Du kilomètre 0 au kilomètre 334, j’étais seul sur la route. On approche la chose différemment. Dans les roues, on roule avec un certain rythme. Toujours identique. Moi je m’imposais mon propre rythme. Tout au long de mon périple, je découvrais de nouvelles sensations. J’étais mal et puis une heure après, ça allait super bien. En m’attaquant au Mont-Blanc, début juin, je savais que la météo serait changeante.

photo 1-19

Sur le dernier tiers de la course, j’ai eu le vent tempétueux, de l’orage et même la grêle. Les températures ont très fortement chuté. Je me suis retrouvé en hypothermie. Et là, c’est le trou noir. J’avançais à tout juste 8 km/h dans le Col des Saisies. J’ai beaucoup mangé. Tout ce que je pouvais. Et en cinq minutes, tout est revenu. Les sept derniers kilomètres de montée, je me sentais frais comme un gardon. Comme si je venais de partir. Sur le plan mental, j’ai découvert des trucs incroyables !

Au cours de mon Tour du Mont-Blanc, j’ai passé un cap dans la douleur. J’ai compris que tu peux avoir un moment d’euphorie. Être au mieux de ta forme et que tout s’arrête d’un coup. Je pense que c’est une expérience enrichissante pour moi. Pour ma carrière mais aussi pour ma vie quotidienne. Pour le boulot. Je m’endurcis. Rencontrer des moments difficiles mais les surmonter. Aller au-delà. Malgré les orages et les difficultés, au loin. Là-bas. Le ciel est bleu. Des jours meilleurs m’attendent. Ce jour-là, le vent a tourné. C’est comme dans la vie. Ce qui ne tue pas rend plus fort.

_LA19149-2Je n’ai absolument aucun regrets. J’ai fait ce que j’avais à faire, au moment où je devais le faire. Je ne garde que du positif de cette expérience. Ce fût une journée enrichissante. Pour autant, je ne pense pas devenir un coureur d’ultra. Rééditer le Tour du Mont-Blanc ? Oui. Pourquoi pas. Cette fois-ci, je ne partirai pas dans l’inconnu. J’aurai des points de repères. Je sais où je vais aller. Bien que je ne pense pas avoir fait d’erreurs, la deuxième tentative devrait être meilleure. Je me serai habitué à la façon de manger et boire sur des épreuves comme ça. Ce sont des journées éprouvantes. Physiquement mais aussi mentalement. C’est très difficile. Mais je ne dis pas totalement non à l’ultra. Il ne faut pas se cantonner à une idée fixe. Moi, ce que j’aime, c’est m’ouvrir à de nouveaux horizons. Découvrir. Repousser mes limites. Il faut se donner les moyens de faire ce que l’on veut. On ne sait jamais si c’est à notre portée. Je pense par exemple à la RAAM, la traversée d’Ouest en Est des Etats-Unis. C’est énorme. Il faut le faire. Tester. Il ne faut jamais dire jamais. Essayer. Donner son maximum et voir comment ça se passe.

© Katy Chenal
                                                          © Katy Chenal

Ce Tour du Mont-Blanc a pas mal été médiatisé. Avant mon départ, j’ai reçu beaucoup de messages de soutien. Principalement destinés à me motiver. Sur le parcours, j’avais ma famille, ma femme et mes enfants pour me soutenir. Durant le record, on m’a envoyé un nombre incroyable de messages. Provenants de tous les pays. Des gens fans de cyclisme. Ça fait plaisir. Je ne m’attendais pas du tout à une telle ferveur. Mon défi attire les gens. C’est l’essence même du cyclisme. On repense aux forçats de la route du début du siècle dernier. Lorsque les étapes du Tour de France faisaient encore 300 ou 400 kilomètres. Ça fait rêver les gens. Ça les sort de l’ordinaire. Tiens, en parlant de ça. Je trouverai intéressant que l’on refasse une étape du Tour 1904. Ce pourrait être intéressant à faire. Sans forcément imposer un classement. C’est la base même du sport.

Depuis ma tentative de record, j’ai essayé de me reposer. Dimanche 8 juin, j’étais au départ de la Megève – Mont Blanc. J’ai tout de suite ressenti la fatigue de mon raid. Du coup, j’ai décidé de terminer sur le parcours moyenne distance en compagnie de ma femme. J’ai donc eu le temps de croiser pas mal de cyclistes, intrigués par mon Tour du Mont-Blanc. L’occasion pour moi de m’entretenir avec tout ce beau peloton. Désormais, je vais enchaîner les grandes cyclosportives comme l’Ardéchoise (21 Juin), la Marmotte (5 Juillet) puis l’Étape du Tour (20 Juillet). Merci à tous et à la prochaine sur La Gazette des Sports !»

Par Nicolas Roux
Propos recueillis par Josselin Riou

2 réflexions sur “Nicolas Roux : «Il faut se donner les moyens de faire ce que l’on veut»

  1. tu as de bonnes bases à l’origine ,perso je suis simple ex cyclotouriste et le tour je l’ai fait avec 6h de plus ! j’ai reussi mon exploit personnel
    je pense que l’exploit est reelle que lorsqu’un cycliste fait son raid sans aide exterieur et sans mediatisation.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s