Elie Gesbert, l’homme à tout faire

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Elie Gesbert, l’homme à tout faire

         Cela fait maintenant presque deux ans qu’il domine. Dès son arrivée dans la catégorie des Juniors, Elie Gesbert, le coureur d’Andel Vélo Sport, a montré qui il était. Pas froid aux yeux, l’ancien vététiste s’est fait un palmarès des plus riches. Route, cyclo-cross, piste. Tout y passe et à tous les échelons : Côtes d’Armor, Bretagne, France, Europe, Monde ! La Gazette des sports vous conte l’histoire de l’un des enfants prodige de la Bretagne.

 

Gesbert, la découverte !

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Né un 1er juillet, à Saint-Brieuc (Côtes d’Armor), le destin d’Elie Gesbert était presque tout tracé. En effet, le même jour, le grand départ du Tour de France 1995 était donné à … Saint-Brieuc ! « Coïncidence ? Je ne crois pas. » Au terme du prologue, c’est le français Jacky Durand, qui avait endossé le premier maillot jaune de ce Tour de France, finalement remporté par Miguel Indurain. Cette année-là, Jalabert était meilleur sprinteur, Virenque sacrée roi des montagnes, Pantani meilleur jeune et Armstrong débutait sa carrière professionnelle. Le cyclisme tricolore avait le vent en poupe. Sa relève voyait à peine le jour.

Ses débuts, il les a faits sur un VTT. Adepte des sous-bois, il se révèle aux yeux des bretons. Double champion régional de la discipline lorsqu’il est cadet, il passe à côté d’une médaille tricolore, à l’occasion des championnats de France, suite à un problème mécanique. Ce n’est que partie remise. Elie Gesbert aura l’occasion de faire aussi bien, voire mieux. Après des saisons de VTT chargées et réussies, le costarmoricain change de cap. Il reste dans les sous-bois mais troque son vélo tout terrain pour un vélo de cyclo-cross. Qu’importe le changement, les résultats suivent. Ses années juniors commencent sur les chapeaux de roue !

 

Juniors, les années dorées.

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Junior première année et pourtant, il est déjà l’un des meilleurs bretons. Deuxième du championnat des Côtes d’Armor, il se classe quatrième lors du championnat de Bretagne. Déjà, celui que certains surnommeront « Le Cannibale », se distingue parmi les meilleurs. Mieux que ça, lors des championnats de France de cyclo-cross, disputés à Quelneuc (Morbihan), le coureur d’Andel éclot à l’échelon national. Alors qu’il était suivi par la malchance sur les différentes manches du challenge national, il put enfin déployer ses talents de crossman lors de ce « France ». Porté par un public breton en folie devant la performance de leur jeune prodige, Elie Gesbert titillera le podium avant d’abdiquer. Au terme des 40 minutes de course, il se classera 9e, premier Junior 1ère année. Titre honorifique qui le place déjà comme un prétendant au titre à l’avenir. D’ici-là, l’ancien vététiste décide de changer d’air et d’horizon. Au revoir les chemins, bonjour le macadam. Voilà qu’Elie Gesbert s’offre à la route. Bientôt, la route s’offrira à lui.

 

2012 – L’éclosion

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Année de la fin du monde, année olympique, cette année-là sera celle de la révélation pour Elie Gesbert. Jusqu’ici, la route et lui ce n’était pas vraiment ça. Le breton avait préféré jeter son dévolu sur le VTT mais puisque le jeune garçon est touche à tout, il ne se prive pas d’une escapade routière. Après des premières courses compliquées, où il doit prendre ses marques, l’élève du Pôle Espoir de Saint-Brieuc frappe. Bien et fort. A Plouzané (Finistère), il accroche à son palmarès, la Pen Ar Bed. Première victoire d’une série qu’il prendra le soin d’allonger au fil des week-ends. En 2012, peu de choses lui résisteront dans l’hexagone.

En effet, Gesbert s’imposera par la suite au classement général des Boucles du Canton de Trélon (Nord), sur la première étape et au général du Tour de la Communauté du Pays d’Olliergues (Puy De Dôme) ainsi qu’au général du Tour de la Communauté du canton d’Aurignac (Haute-Garonne). Les trois épreuves remportées sous les couleurs du comité de Bretagne comptaient pour le Challenge National Juniors, et malgré une 22e place lors de la Classique des Alpes, il remporta, haut la main, le maillot blanc du classement général de ce Challenge National Juniors. Tout ça à seulement 17 ans ! Cette même année, il découvrit les joies du cyclisme à l’international. « Liège La Gleize », où il termina deuxième d’étape, le « GP Patton », au Luxembourg, ou encore le « GP de Ruebiland », en Suisse, sont autant d’occasions pour lui de porter le maillot tricolore. Pour clôturer son incroyable saison, il se rendit à Valkenburg (Pays-Bas) pour participer à ses premiers championnats du monde. Pouilly, Jaurégui, ou Turgis côté français, Van Der Poel, Ewan ou bien Mohoric, côté étranger sont là aussi. Sa première fois. 66e. Il prend rendez-vous pour Florence 2013 !

Hiver 2013 ; La confirmation.

941268_4828822518456_1476972344_n Forcément, après une saison où l’on approche les sommets, il est difficile de rééditer ses exploits, de confirmer. L’attente est forte, la pression plus importante. S’il ne remporte aucunes manches du challenge national juniors, Elie Gesbert est toujours placé, à l’affût, présent. Quatrième à Saverne (Alsace) lors de l’ouverture de la compétition, il ne fera pas mieux à Besançon (Doubs), ni à Pontchâteau (Loire-Atlantique). Au classement général du challenge national, il se classera à la 17e place, bien loin du vainqueur, le franc-comtois Léo Vincent. Pourtant sa soif de victoire n’en est pas altérée. Il s’impose sur le championnat régional de Bretagne de la discipline, au nez et à la barbe de spécialistes de niveau national.

Après ce sacre régional, Gesbert pouvait légitimement croire à une breloque, voire un maillot, lors des championnats de France de Nommay… Mais la course est impitoyable et le sort en aura décidé autrement. Derrière Russo, Vincent et Gras, le breton décrocha la médaille en chocolat, pas la bienvenue ! Aussitôt l’arrivée, ses espoirs de s’envoler pour Louisville (Etats-Unis) et les Mondiaux de cyclo-cross s’amenuisaient et pourtant… Il y a des coups de fils plus intéressant que d’autres. Celui-ci devait faire partie de ceux-là. Attention les Etats-Unis d’Amérique, voilà Gesbert. Encore une fois, la chance ne fût pas de son côté. Sur la neige et dans un froid sibérien (pire qu’en Bretagne) le français a vu son rêve en arc-en-ciel fondre comme neige au soleil suite à une vilaine chute. Parce qu’il se devait de finir ce mondial, Elie Gesbert boucla son championnat à la 29e place. Déçu, le retour en France sonna la fin de la saison hivernale. Il était déjà l’heure de penser à la saison sur route qui l’attendait avec impatience.

 

2013 ; La belle année

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Après ce mondial de cyclo-cross, le breton est contraint au repos. Une reprise sur route quelque peu tardive qui laisse la place belle à d’autres bretons, Axel Journiaux (EC Rance Frémur) le premier, qui s’imposera sur la Louison Bobet avant de terminer 3e de la Ronde du Printemps. La Pen Ar Bed, où Gesbert est tenant du titre, lui file entre les doigts. Une pancarte dans le dos, un marquage à la culotte et voilà le costume de Numéro 1 qui se transforme en fardeau. Il en faut plus pour arrêter le monsieur. Lorsqu’il revêt le maillot bleu marine de la sélection nationale, Elie Gesbert retrouve ses jambes d’antan. Là, le niveau est relevé. Les danois et néerlandais ne sont pas là pour jouer ou rigoler. Aussi bien sur le Tour d’Istrie (Croatie) que lors de la Course de la Paix (République Tchèque), le costarmoricain est à son aise. Cinquième en Croatie, il se classe quatrième en République Tchèque après avoir enlevé la troisième étape.

 

Eté 2013 ; L’été parfait

 

Avant de se préparer pour les championnats d’Europe, où il sera l’un des chefs de file de la formation tricolore, Elie Gesbert est contraint de se reposer à cause d’une vilaine tendinite contractée après son périple Tchèque. Une fois rétablit, le coureur d’Andel va tout rafler. En premier lieu, le championnat départemental des Côtes d’Armor. Intouchable, il s’imposera en solitaire. Une semaine plus tard, à Saint – Goueno, il est sacré champion de Bretagne et franchit la ligne avec plus de 2 minutes d’avance sur ses poursuivants. Et voilà un deuxième maillot dans l’escarcelle. Dans la foulée, le Tour du Valromey (Internationale Juniors) se présente sur le calendrier de Gesbert. Une nouvelle occasion de briller malgré la présence des meilleurs mondiaux comme Mathieu Van Der Poel (Pays-Bas), double champion du monde de cyclo-cross ! Deuxième, quatrième et sixième d’étape, le porteur du maillot de l’équipe de France sera le dauphin final de VDP au classement général.

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A Olomouc, le week-end suivant, se disputent les championnats d’Europe Juniors. Les tricolores auront fait un festival digne des meilleurs. A l’arrivée, le maillot étoilé revient à un breton, Franck Bonnamour (Lannion Cyclisme). Elie Gesbert, quant à lui, décroche l’argent ! En un mois, il n’aura pas connu moins bien que la deuxième marche du podium puisqu’en revenant de République Tchèque, il éblouira le Signal d’Ecouves (Nationale Juniors) de toute la classe de son maillot à hermines de champion de Bretagne. Dans la foulée, il retourne dans sa région natale pour y disputer la Coupe Des Nations Juniors avec ses coéquipiers de l’équipe de France. Le Trophée Centre Morbihan ne résistera pas au néerlandais, Mathieu Van Der Poel. Après avoir tout tenté lors de la dernière étape, Gesbert dû s’incliner, à domicile, et prendre la 4e place du classement général. Une nouvelle place d’honneur sur le plan international. Une de plus !

La Ronde des Vallées (Internationale Junior) qui se dispute dans les Côtes d’Armor ? Un objectif ! Placé sur toutes les étapes (4e, 2e, 4e) de cette épreuve renommée mondialement, Elie Gesbert inscrira son nom au palmarès de la 26e édition de la Ronde des Vallées. Une nouvelle victoire, histoire de faire le plein de confiance avant de se rendre à Albi, pour y disputer les championnats de France. Dans la cité albigeoise, flanqué du maillot à hermines du comité de Bretagne, il va frapper d’entrée. Le contre-la-montre du jeudi après-midi, long de 22 kilomètres ne lui résistera pas. Parti en quatrième position, il va se permettre le luxe de rattraper le coureur qui le précède, Florian Barket (Nouvelle-Calédonie) qui s’était pourtant élancé deux minutes auparavant ! Une fois la ligne franchit, il restera une bonne heure à attendre pour Elie Gesbert avant qu’il soit soulagé, définitivement. Un à un ses adversaires butaient sur son temps, canon. Son dauphin, Jérémy Defaye (Côte d’Azur) sera relégué à 20 secondes soit presque une seconde au kilomètre. Extraterrestre ! Deux jours plus tard, lors de l’épreuve en ligne de ces championnats de France, l’équipe de Bretagne a survolé les débats. Avec la présence de Journiaux et Gesbert à l’avant, Samuel Monnerais, le CTS breton se réjouissait. Patient jusqu’au bout, le champion départemental et régional s’en est allé, déposant ses compagnons d’échappée dans l’une des deux difficultés du circuit. Le jeudi, premier maillot tricolore. Le samedi, deuxième maillot tricolore. Efficace le père Gesbert !

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Champion des Côtes d’Armor, champion de Bretagne, double champion de France, vice-champion d’Europe, vainqueur d’étape en coupe du monde, vainqueur de la Ronde Des Vallées 2e de l’Ain’Ternational Tour Valromey et cela en moins d’une saison. Vous l’avez appelé comment ? Cannibale ? Et s’il était le champion des champions, fin septembre à Florence (Italie) ? Quoi qu’il arrive, ses succès ne lui monte pas à la tête. Ses copains d’entraînements, Gaëtan Lemoine et Dimitri Aveline l’attestent : « Quand on est ensemble, on essaye de ne pas parler trop de vélo. Je pense que ça lui permet de garder les pieds sur terre. Il reste simple et c’est un super pote. Quand on parle vélo, il s’intéresse autant aux autres qu’ils s’intéressent à lui. » raconte le premier. Au second d’ajouter : « Il est simple, cool et toujours très disponible. Il ne faut surtout pas qu’il change ! »

Par Josselin Riou

Crédit Photo : Gwendolène Poisson, Marion Denis, Caroline Valognes, Marine Pirio.

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