Entrée gagnante chez les pros pour Clément Chevrier

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Entrée gagnante chez les pros pour Clément Chevrier

A 21 ans, Clément Chevrier n’a pas froid aux yeux. Picard de naissance, rhônalpin d’adoption, il est désormais résident américain. Drôle de voyage, rythmé par sa carrière cycliste. Après avoir fait les beaux jours du Chambéry CF et de l’équipe de France, ce grimpeur, deuxième du Tour du Val d’Aoste 2013, s’est engagé avec Bissell Development. Une nouvelle vie qu’il décrypte pour La Gazette des Sports

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L’an dernier, il espérait décrocher un contrat professionnel en France ou en Europe. Pas un hasard s’il fait ses armes au sein du Chambéry CF, réserve d’AG2R – LaMondiale. La place lui passe sous le nez. Mais les propositions affluent pour ce grimpeur de talent. Sa décision en surprend certains. Le jeune picard s’engage avec les Américains de chez Bissell Development. Une porte d’entrée idéale dans le monde professionnel pour les jeunes talents. Pour vous dire, Clément, né en juin 1992 est le deuxième plus âgé de l’effectif ! A ses côtés, des coureurs comme Logan Swirbul ou Tao Geogehan Hart n’ont que 18 ans. Bissell, là où les champions de demain font leurs premiers pas.

Clément Chevrier sur le Tour de l'Ain 2013 / Thomas Maheux
                Clément Chevrier sur le Tour de l’Ain 2013 / Thomas Maheux

PARTIE 2 :

Plongez dans l’univers des Bissell

En arrivant sur le continent américain, Clément Chevrier est accueilli par ses nouveaux équipiers. Bissell Development organise un stage de pré-saison où les coureurs se découvrent et se testent. Les américains côtoient les quelques européens ou océaniques de l’effectif. Une manière pour le jeune picard de bientôt 22 ans de se faire aux habitudes US.

chevrieeer«Une journée type de stage ici ça ressemble à peu près à ça. On prenait tous le petit-déjeuner ensemble. Tôt. Il était 6h30 ou 7h du matin ! Avec le décalage horaire, ce n’était pas forcément évident de dormir les premiers jours. Mais ce n’était qu’un mal pour un bien car cela nous permettait de suivre Paris-Nice en streaming. Une manière de garder le contact avec l’Europe.

Ensuite, je profitais du temps libre pour appeler ma famille et leur donner des nouvelles. Et puis vient le temps du renforcement musculaire. Je fais ma séance de renforcement avec James Oram, mon compagnon de chambre. A 10h, nous partons rouler. La durée et l’intensité des sorties varie selon les jours mais ça tourne entre 4 et 6 heures quotidiennement. Quand on descend du vélo, une boisson de récupération et un sandwich ou un burrito nous attends.

Tout le reste de l’après-midi est consacré aux massages mais aussi aux photos de présentation, aux interviews et aux réunions avec nos différents sponsors. Pour finir la journée, on dîne. Mais pas après 18h30 et toujours au restaurant ! Tous les soirs. Au Thaïlandais, à l’Italien, au Mexicain… Apparemment toutes les équipes font ça aux Etats-Unis. Même en courses par étapes. La journée se termine par une séance d’étirements avant de filer au lit.»

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Cyclisme français ou météo picarde,
Chevrier aime «être à la page»

En quittant sa patrie, le Tricolore n’en a pas perdu son amitié avec les coureurs de l’équipe de France. Si bien qu’il suit leurs résultats à la minute près. «Là-dessus, je suis à la page» glisse-t-il. Chaque matin, au réveil, Clément visualise les courses européennes sur son ordinateur. Il se dit «ravi» de voir les prestations de ses copains bien qu’il perde du jus en restant connecté devant les épopées de Romain Bardet en Catalogne. «Les regarder me donne de l’énergie pour bien commencer ma journée. En les voyant, j’avais envie de reprendre la compétition.»

Garder le contact avec l’Europe semble essentiel pour un expatrié. Pas facile de découvrir une nouvelle civilisation. Mais les retours de France sont nombreux. Hormis sa famille (plutôt logique…), Clément se sent soutenu et suivi par des passionnés. «Cela me fait particulièrement plaisir !» rétorque le Picard. Sa récente victoire sur le Tour de San Dimas n’est évidemment pas passée inaperçue dans l’hexagone. Pour faire partager son quotidien, le Beauvaisien envoie photos et vidéos de ce qu’il vit via les réseaux sociaux. «La magie des réseaux sociaux !» souligne cet Espoir 4e année. Cycliste avant tout, Chevrier ne se coupe pas pour autant du monde qu’il entoure. L’actualité l’intéresse et il aime être au courant. A la page comme il dit. «Parfois, il m’arrive de regarder les informations locales et même la météo de chez moi, en France.» Quand la fraîcheur et la pluie picarde contraste avec la chaleur et le soleil de San Francisco.

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Partir pour découvrir et accomplir un rêve

Lui qui rêve du Tour de France. Lui, le Picard à l’aise quand la route s’élève. Il ne le cache pas. Son petit faible, dans le monde du cyclisme ? Les classiques. Ces courses d’un jour où tout peut arriver. Ces monuments où les plus grands se sont imposés. Pour Clément Chevrier, ce sera davantage Liège-Bastogne-Liège ou le Tour de Lombardie que Paris-Roubaix. Les «berg» ardennais l’attirent. Tout comme les feuilles mortes d’Italie. D’ici à le retrouver là, le Français progresse avec Bissell Development. Une réelle opportunité.

«J’ai su saisir ma chance. Etant jeune, je rêvais de signer pour cette équipe. Je pense que je ne pouvais pas trouver mieux dans mon optique de progression. Le calendrier s’adapte totalement à mes capacités de coureur. Si j’avais eu l’occasion de signer dans une équipe World Tour dès cette année, je n’aurais évidemment pas refusé. Mais en tout cas, c’est loin d’être un choix par dépit

Cette année, un calendrier de course totalement inédit attend le grimpeur de chez Bissell. Au programme de grandes courses telles que le Tour de Californie ou le Tour du Colorado. Deux épreuves où Clément rêve de briller. Le terrain lui sera favorable pour espérer se montrer. Il y côtoiera certains des plus grands coureurs de la planète. Une première loin de l’impressionner. Malgré ce calendrier, l’ancien coureur de Chambéry rêve toujours de retenir l’attention du sélectionneur national. Il attend sa revanche sur le Tour de l’Avenir ou sur les championnats du monde. Pour ça, il ne se fait pas de bile. «Tout dépendra de mes résultats et de ma forme du moment.» explique, réaliste, le leader de l’équipe de France sur le dernier Tour de l’Avenir.

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Des jambes de feu et une tête bien pleine

Alors qu’il vient tout juste d’entamer sa saison 2014, Clément Chevrier porte déjà un regard sur son avenir. Cycliste mais aussi professionnel. Sa logique de progression et d’évolution est claire. «Dans l’idéal, j’aimerai intégrer une plus grosse équipe pour continuer à évoluer vers le haut.» Le but ultime ? «Une belle carrière !» Sur le vélo évidemment. Sur les podiums, nous l’espérons pour lui. Et après ? Et bien après ce sera peut-être dans le commerce ou dans la communication du sport. Titulaire d’un DUT Techniques de Commercialisation, il n’en a pas fini avec ses études. «En ce moment, je passe une Licence en Commercialisation de Produits et Services sportifs.» Être professionnel et pas bête c’est possible. Alors le jour où il faudra raccrocher le biclou, Clément Chevrier ne se retrouvera pas sans rien. Sa passion pour l’oenologie pourrait même lui offrir une reconversion intéressante et surprenante.

Son bagage universitaire est une façon d’assurer ses arrières. D’enlever un peu de pression de ses petites épaules. «Je me rassure en me disant que l’avenir ne se limite pas qu’à une carrière cycliste.» Bon pour l’avenir mais aussi pour le moral. Une manière de s’évader. De ne pas penser qu’au vélo. Aux entraînements, aux étirements et à l’étrier de frein qui touche le patin. C’est le discours d’un jeune mec bien dans ses chaussures et dans sa tête. Qui assume et qui gagne. Qui ne se prend pas la tête et qui reste au contact de cette réalité que certains oublient derrière eux. «Etudier est pour moi une façon de prendre du recul sur ce que je fais. Je me rends alors compte de la chance que j’ai de faire de ma passion mon travail.» Méditons.

PARTIE 1

«Je voulais voir autre chose. Découvrir.»

Clément Chevrier ose. Il fait partie de cette génération dorée. Celle qui est amenée à briller et que les supportes attendent. Si les dirigeants n’ont pas su lui donner sa chance, le Beauvaisien est allé la chercher aux States. Depuis le début de l’année, il vit, dort, roule, mange et parle américain. Récit d’un périple doré.

«Mon acclimatation à la vie américaine se passe bien. J’ai pas mal redouté l’effet du «JetLag» à mon arrivée aux USA, mais je l’ai finalement bien assimilé. Ici, la culture est totalement différente de ce que l’on connait en France. Notamment sur les heures de repas ou la manière de s’alimenter. C’est aussi pour ça que je suis venu aux Etats-Unis. Pour voir autres choses. Découvrir. 

Sur le plan sportif, tout se passe également très bien. Les premiers entraînements se sont avérés compliqués pour moi suite à l’effet du décalage horaire. Petit à petit, au fil de la semaine de stage avec l’équipe, j’ai senti que les sensations revenaient. La manière de s’entraîner, l’application dans le renforcement musculaire «hors vélo» et les étirements me plaisent. Au fur et à mesure, je découvre de nouvelles méthodes. Je partage ma chambre avec James Oram, un néo-zélandais très pointilleux. J’adore sa mentalité. Je m’entends très bien avec lui et il m’apprend encore de nouvelles choses. Ça m’offre l’opportunité de découvrir autre choses que les habitudes françaises ou américaines.»

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«En anglais, je ne pouvais que m’améliorer !»

En s’installant de l’autre côté de l’Océan Atlantique, Clément Chevrier ne maîtrisait pas pleinement la langue de Shakespeare. Pas facile pour communiquer dans un pays où le français n’est pas courant. Mais le Picard s’y fait.
«Concernant l’apprentissage de la langue, je progresse. En même temps, je ne pouvais que m’améliorer… (Sourires). Désormais, j’arrive à tenir une conversation et à communiquer convenablement avec mes équipiers. Le staff et les coureurs de l’équipe sont extrêmement compréhensifs. Ils m’aident à progresser.»

Son quotidien, Clément le partage entre des stages et la co-habitation avec … un cuisinier.
«Depuis que je suis arrivé aux Etats-Unis, je me trouve dans la ville de Santa Rosa, au nord de San Francisco. Dans un premier temps, j’étais en stage avec mon équipe, Bissel Development. Ensuite, je me suis installé chez un habitant, ami du manager de l’équipe et grand chef cuisinier dans la région.»

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Le San Dimas Stage Race, l’occasion de lancer la saison

Les professionnels commencent leur saison de plus en plus tôt. Mais pour Clément Chevrier la reprise a tardé. Un mal pour un bien. Modestement, Clément ne le dit pas. Mais pour sa première apparition sur le sol US, le coureur managé par Axel Merckx s’est brillamment imposé.

«Après notre stage, nous nous rendons à Los Angeles pour disputer le San Dimas. C’est une épreuve par étapes sur trois jours. Pour moi, c’était l’occasion de lancer ma saison. Nous avons ensuite enchaîné sur le Redlands Classic. C’est une nouvelle course par étapes. Sur cinq jours cette fois. Elle semble plutôt propice aux rouleurs-sprinteurs. Pas trop à mon avantage mais j’ai de quoi m’occuper en bossant pour les copains.»

Nouveau sur le continent américain, le Beauvisien découvre petit à petit ses adversaires. S’il apprend à «connaître la concurrence» il n’arrive pas totalement en terre inconnue. Un ami amiénois, Alexandre Philipphon (journaliste chez Vélochrono), lui partage sa connaissance pointue du circuit international. «Il m’aiguille sur les forces en présence et sur les difficultés de mes courses.» Commente Clément Chevrier.

La suite ? C’est demain soir sur La Gazette des Sports. Extraits inédits sur nos réseaux sociaux, Facebook & Twitter.

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