Laure Bouteloup : «Normalement, je ne repars pas…»

Laure Bouteloup. Un nom qui ne vous dit probablement pas grand chose. Le peu de médiatisation du cyclisme féminin n’aidant pas. À 34 ans, cette mère de famille de trois garçons qui gère un magasin, arrive encore à pratiquer le vélo à haut niveau. Championne de France et d’Europe Master, du Monde en 2014, elle vise un Top 10 à Pontchateau.

Laure_Bouteloup_Suresnes_Bleus_de_France_cyclocrossQuelle folle mouche nous a piqué. Même elle, se demandait pourquoi nous étions venus la questionner. Rencontrée en Belgique, Laure Bouteloup se fait connaitre en France de par sa tunique bleue. Unique dans les pelotons. Championne du monde master, la cycliste des Bleus de France à Suresnes n’est pas la dernière venue. Septième à Lanarvily, de la finale de la Coupe de France de cyclo-cross, la Francilienne est prête pour le championnat de France. Son dernier ?

«J’ai hâte d’y être»

Ce n’est pourtant pas son premier rendez-vous national, et pourtant l’envie est toujours la même. «La forme est bonne. Tout va bien. Courir en Belgique fût une bonne préparation. J’ai désormais hâte d’y être !» confie l’intéressée en début de semaine. Sur un circuit de Pontchateau qu’elle ne connait pas, Laure Bouteloup va découvrir. «Je ne cours en FFC que depuis deux ans. Alors je découvre la plupart des circuits. Je ne sais pas quoi à m’attendre. De ce que j’ai entendu, il est roulant.»

Laure_Bouteloup_Suresnes_Bleus_de_France_cyclocrossJusqu’ici, la Francilienne des Bleus de France donnait la priorité aux championnats Masters. Des épreuves réservées aux plus de 30 ans mais interdites lorsque vous possédez des points UCI. Du coup, la championne du monde master en titre s’est freinée jusqu’à craquer. «J’ai toujours pris soin de ne pas marquer de points UCI pour pouvoir prendre le départ avec les Masters. Après le championnat de France Master et le Championnat régional, j’ai changé. J’en ai eu marre de faire attention. Je sentais que j’avais les capacités de mieux faire.» C’est donc à Lanarvily, finale de la Coupe de France que Laure Bouteloup lâche les chevaux. «Je me suis dit : «Fais ta course !». En partant quatrième ligne, j’ai remonté jusqu’à la 7e place. Je ne voulais pas freiner pour faire 11e ! J’ai fait une croix sur le Championnat du Monde Master. Septième à Lanarvily, c’est sûr, ce n’est pas un maillot. Mais c’est une satisfaction personnelle.»

Sans regrets, Laure Bouteloup est passée à autre chose, en connaissance de causes. Depuis, elle se tourne sur le Championnat de France de Pontchateau. Une place parmi les dix premières viendrait couronner sa saison. «Je pense avoir ce Top 10 dans les jambes. Mais ça reste une course d’un jour très indécise.» évoque la Francilienne qui s’est préparée dans les difficiles labours de Belgique.

«Si tu veux progresser, tu sais où aller»

C’est donc à Diegem puis Loenhout que nous retrouvons la tunique jaune et bleue de Suresnes. «Les cross belges, tu t’en souviens. Tu cours dans une ambiance inimaginable. C’est l’équivalent d’une belle coupe de france voire d’un championnat. Sauf que là-bas, c’est comme ça deux à trois fois par semaine.» Détaille Laure Bouteloup après un nouveau séjour outre-quiévrain.

Laure_Bouteloup_Suresnes_Bleus_de_France_cyclocrossUn séjour qui lui aura permis de progresser au contact de concurrentes et de circuits d’excellence. Elle ajoute : «Toutes les meilleures mondiales sont au départ de ces épreuves. Si tu veux progresser, tu sais où il faut aller. Surtout que les circuits sont incroyables. Passerelles, fossés, bosses, dévers, sable. Pas de circuit plus court pour les Dames. Tout le monde est à la même enseigne. C’est brut de brut et j’aime ça !» Mais ce pourrait bien être la dernière fois que Laure Bouteloup pose ses roues cramponnées en Belgique.

En effet, à 34 ans, son avenir cycliste s’écrit en pointillés. «L’hiver prochain ? s’interroge-t-elle. Normalement, je ne repars pas…» avoue Laure Bouteloup, loin d’être ferme dans sa décision. «Le cyclo-cross, c’est une véritable organisation et énormément de sacrifices. Heureusement, je peux compter sur l’aide de ma famille, mes proches, mon club et surtout mon mari ! Mais j’ai trois petits garçons qui m’attendent à la maison dont un qui commence le vélo. Il faut savoir passer la main.» Un Bouteloup peut en cacher un autre ? En attendant de voir la relève familiale sur les podiums, la mère de famille à l’emploi du temps bien organisé attend de voir à Pontchateau. «Derrière les intouchables, PFP, Chainel et Mani, pourquoi pas ? Si j’arrive à faire un exploit, je reverrai peut-être ma décision…» conclut-elle, laissant planer le doute sur son avenir.

Par Josselin Riou
@Josselin_Riou

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